Kronos, le journal du temps

Trois « petites formes » sur le thème du temps, fil conducteur de ce voyage qui se veut au fur et à mesure des créations drôle, poétique, scientifique, historique, absurde.

K#1 (Traces)

« dans les montres se cache la mort » G.Belli

Deux personnages d’antan , poussiéreux, reviennent à la vie comme sortis du goulot d’un sablier ou du grenier d’une vieille maison abandonnée.

Ce sont deux fantômes qui nous racontent un crime ancien et cyclique : celui de la vie et de la mort et de l’instant où la vie et la mort ne font qu’un. Des traces de pas dans la neige , l’empreinte d’un corps dans le drap , une trace de sang sur le tapis.

C’est une histoire simple comme mille autres histoires qui s’inscrivent dans les chaussures de ceux qui les ont portées.

Quand l’objet chaussure entre en scène , le comédien devient manipulateur : l’objet s’anime alors et raconte sa propre vie en laissant des traces que le Temps s’empressera d’effacer.

Effacer une trace , c’est se perdre.

Distribution
Avec : Amalia Modica, Nicolas Madrecki et Thierry Dupont
Musiques : J.Zorn, F.Costello
Objets : Patrick Smith
Son et lumières : Marie-Jo Dupré, assistée par Marie-Annick Boutry
Mise en scène : Esther Mollo

K#2 (Speed)

« Notre époque est obsédée par le désir d’oubli et c’est afin de combler ce désir qu’elle s’adonne au démon de la vitesse » M.Kundera (La Lenteur )

Dans une pièce noire se trouvent des silhouettes sombres. A intervalles réguliers, un personnage à peine distinct émerge progressivement de l’ombre. L’intensité lumineuse croissante éclaire ses traits et soudainement augmente, volatilisant son être dans un flash de lumière aveuglante tandis que retentit une explosion sonore.

Ce personnage est LE TEMPS et ce que l’on voit, c’est un meurtre : le corps inanimé d’une femme qui a défié la gravité, les variations de rythme, la vitesse…
Dans cette nuit où tout peut venir s’inscrire , elle vit un cauchemar orchestré par LE TEMPS lui même.

Elle lutte dans ce cauchemar, elle se laisse narguer, elle se prostitue, elle combat ses craintes et ses fantômes .En vain, le Temps gagne, il est le roi , il est le maître, il nous séduit et il nous tue.

De l’accélération orgastique à l’immobilité finale, de l’amour à la mort, le cycle reprend sans cesse…

Distribution

Avec : Esther Mollo, Nicolas Madrecki et Thierry Dupont
Musiques : D. Lynch, Ram Stein, J. Zorn, D.Bowie
Textes : Newton, Marinetti
Son et lumières : Marie-Jo Dupré, assistée par Marie-Annick Boutry
Mise en scène : Esther Mollo

K#3 (Le coup de téléphone)

D’après une nouvelle de Dorothy Parker
Une femme attend un coup de téléphone de celui qu’elle aime.

Cette attente est la forme incarnée du temps, un espace entre soi et l’autre, entre soi et la réalisation du désir propre à l’envahissement de tout l’être par l’imaginaire, délicieuse et excitante lorsque son objet est connu, lorsque l’on sait qu’elle sera assouvie .

Elle se retrouve dans un NO MAN’S LAND où le temps se dilate et se suspend : une minute équivaut à une heure , une heure à un siècle…

Elle plonge dans un espace peuplé de ses propres fantasmes où tout est bon pour combler cette éternité qui la sépare de sa libération.

Son errance la mène très loin au profond d’elle même jusqu’à l’oubli.

Distribution

Avec : Esther Mollo, Nicolas Madrecki et Thierry Dupont
Son et lumières : Marie-Jo Dupré, assistée par Marie-Annick Boutry
Mise en scène : Esther Mollo

Représentations

•Janvier 2006 : la Ferme d’en Haut, Villeneuve d’Ascq (59)
•Novembre 2005 : la Makina , Hellemmes (59)
•Mars 2005 : le Garage, Théâtre de l’Oiseau Mouche, Roubaix (59)